jeudi 5 mars 2015

Plan du cours à venir ...

§ 2 Les acteurs nationaux
    A) Les acteurs  de l’élaboration  du droit fiscal
      1°) Les acteurs officiels affichés
            a) Le Parlement
          b) Le ministère des finances :Bercy
          c) Le Conseil constitutionnel
Lors des 18 premiers mois du quinquennat, 28 lois ont été soumises au CC. Deux ont fait l objet d’une invalidation totale , 13 d’une invalidation partielle Dont
la taxe sur les boissons énergisantes de 50 euros par hectolitre, figurant dans la LFSC de 2013 
La taxe phare à 75 %, figurant dans la L F 2013, annulée pour  inégalité  des ménages devant l ‘impôt 
   2°) Les acteurs officieux  cachés
      a) Les groupes de pression
       b) Les multinationales
            1- Généralement
            2-Spécialement :  Les multinationales du numérique
§  Leur nom : Amazon, Google, Yahoo
§  Leur technique de législation : le ruling
    B) Les acteurs de l’application du droit fiscal
        1°) L’ administration fiscale
        2°) Les lawyers fiscaux : Les cabinets internationaux
         a)  Big Four : Ernst Young, Deloitte, KPMG et
             PricewaterhouseCoopers (PwC)
            b) Les autres
§  Gide
§  Lefebvre


  3°) Les juges fiscaux
      a) La Cour européenne des droits de l’homme
      b) La Cour de justice de l’ Union européenne
       c) Le juge judiciaire
       d) Le  juge administratif
   Section 2 : Les règles du jeu
    § 1 : Les règles codifiées: les codes des impôts
        A) L’ histoire des codes: 1919- 2015
           1°). La genèse de la codification : En l’Europe de 1919 à 1942
Le premier Code fiscal est né en Allemagne. Il s’est rapidement diffusé, spécialement en Amérique Latine, le continent de la codification fiscale, grâce au pont doctrinal fait par les grands maîtres italiens.
a)    Le big-bang codificateur : La Reichsabgabenordnung allemande de 1919,
 mère de toutes les codifications de droit fiscal général
Quand on voit l’ampleur de la diffusion et par conséquent l’influence qu’a eu en quelques années l’ordonnance d’Empire de 1919, plus connue sous le nom de Reichsabgabenordnung, l’image qui pourrait venir à l’esprit est d’abord celle de « mère de toutes les codifications ». Comme le magnum concilium, de la Charte de Jean Sans Terre a été appelé mater parlamentarium. Mais la réaction nucléaire codificatrice », engendrée par la RAO, a été d’une telle ampleur que c’est au big bang des astrophysiciens qu’il faut penser si l’on veut comparer.
C’est en effet l’explosion codificatrice originelle déclenchée par ce texte () qui a été à l’origine de l’expansion continue de l’univers des codes des impôts ).
                  1- L’explosion codificatrice originelle de la RAO
Au sortir de la première guerre mondiale, l’Allemagne doit « payer » les dettes de guerre. C’est la crise financière. Il faut des recettes et donc des impôts, une administration qui les
recouvre et une organisation rationnelle de l’ensemble du système fiscal. Parce que tel n’est pas le cas dans l’Allemagne d’alors, avec 26 länder et leurs législations fiscales éclatées65.
Il faut unifier les procédures, donner des pouvoirs de contrôle à l’Administration, tant l’évasion fiscale est grande, accorder des garanties aux contribuables et renforcer l’indépendance financière des Bund face aux Lander.
A l’été 1918 la décision est prise d’élaborer un texte réalisant cette refondation fiscale. La rédaction en est confiée au juriste Enno BECKER. Il commence son travail le 17 décembre 1918 et à Pâques 1919 le texte est achevé. Après avoir été soumis au Tribunal des finances à Munich et aux gouvernements des länder, il est introduit le 19 juillet 1919 au Reichstad et le 6 aout à la chambre basse où il est approuvé le 27 novembre. Le 13 décembre le président du Reich le signe et le 22 décembre 1919 il est publié sous le nom de Reichsabgabenordnung (RAO) ou ordonnance d’empire.
Avec 463 articles ventilés en cinq parties, la RAO couvre l’ensemble du droit fiscal général, de la définition de l’impôt à son contentieux pénal, en passant par l’organisation administrative et juridictionnelle, les règles d’assiette et de recouvrement, les obligations des contribuables et les voies de recours. Très vite elle devient «le livre de chevet des fonctionnaires du fisc et, en même temps, le guide des contribuables pour l’accomplissement de leurs obligations et la sauvegarde de leurs garanties en cas d’abus de pouvoir de la part des autorités administratives ». Au point que si le paradigme codificateur est né avec le droit romain et les juristes impériaux, le « modèle » de code des impôts est né là, en 1919, avec cette RAO.
                 2-L’expansion codificatrice continue depuis la RAO
- En trois vagues, des années 20 et 30, des années 50 et 60 et de la première décennie du XXIème siècle, l’univers de la codification fiscale n’a cessé son expansion. Souvent sous l’effet du souffle doctrinal de la RAO.
Ainsi la Bundesabgabenordnung (BAO) autrichienne de 28 juin de 1961, le premier code espagnol ou Ley General Tributaria du 28 décembre 1963, les codes d’Amérique latine, du premier au Mexique en 1938 aux codes d’aujourd’hui81 et jusqu’au projet actuel de code chinois, tous sont sur la ligne du code originel allemand. Comme si l’histoire codificatrice, en expansion continue depuis le Big Bang normatif allemand, aurait presque doctrinalement quelque chose d’un l’Evangile fiscal de Jean :
« Au commencement était la RAO. Toutes les codifications ayant été faites par la RAO et rien de ce qui a été fait n’ayant été fait sans la RAO, la RAO était la codification fiscale (...) »82
Cela n’a été toutefois possible que grâce à l’existence d’un relai. C’est en effet, au hasard de l’histoire dramatique des années 30, que l’Italie va jouer le rôle de pont doctrinal entre le code allemand et le continent latino-américain où il va commencer à se diffuser.
      b) Le vecteur diffuseur de codification : L’Italie de 1938
L’Allemagne des années 20 est en train de développer une forte doctrine. L’Italie de la même époque a, entre autres écoles fiscales, dont celle de Naples, une qui rayonne autour d’un grand maitre à la vision holistique de la fiscalité : l’école de Pavie avec Benvenutto GRIZIOTTI87.
Docteur honoris causa de l’Université de Buenos Aires en 1923 et ayant donné cours à l’Université de Cordoba en 1927, Benvenutto GRIZIOTTI et déjà en relation avec l’Amérique latine. Il est aussi en contact avec l’Allemagne fiscale où il envoie ses deux assistants Dino JARACH et Mario PUGLIESE.
Il accueille aussi dans son École de Pavie, le jeune savant Albert HENSEL qui doit fuir en 1933 l’Allemagne nazi88. Et c’est là que se met en place, sur ces chemins de l’histoire, le pont doctrinal italien , par où va passer en direction de l’Amérique du sud, la doctrine fiscale codificatrice italienne , porteuse elle même de la pensée scientifique allemande qu’elle a recueilli.
              1- La doctrine codificatrice italienne : Ezio VANONI
11- 
L’Italie des années 30 a une très riche doctrine financière. Si elle n’a pas codifié ses impôts, à la différence de la France avec ses codes de 1926 et 193489, elle a pensé la codification fiscale avec le professeur Ezio VANONI scientifique et politique à la fois, puisqu’il sera plusieurs fois ministre.
Ezio VANONI a obtenu son diplôme en droit à Pavie avec Benvenutto GRIZIOTTI en 1925. Sa thèse s’intitulait « Nature et interprétation des lois fiscales »90. Après deux années en Allemagne à approfondir le droit financier, à partir de 1930 il enseigne la science des finances à l’Université de Cagliari et à Padoue où il et fonde, avec Benvenutto GRIZIOTTI et Mario PUGLIESE, la « Revue de droit financier et de la science de la finance ». Comme la France a la Revue de Science et Législation Financière de Gaston JÉZE.
En 1938, E.VANONI publie « Le problème de la codification fiscale »qui va devenir l’article de référence.
En 1942 et 1943 il élabore un projet de code fiscal, inspiré de la Reichsabgabenordnung de 1919, en excluant les dispositions concernant chaque impôt en particulier. Ce projet, auquel ont participé, dans une commission juridique de l’Institut National des Finances, nombre des grands noms de la doctrine italienne94, que l’on retrouvera toujours à la pointe de la recherche dans les années 60, comme A. D. GIANNINI ou Antonio MICHELI, inaugurant ainsi la pratique législative des professeurs codificateurs et des commissions de codification95, a disparu, dans des conditions rocambolesques, lors des bombardements de 1943-1944.
Dans cette commission de l’Instituto Nazionale di Finanzas, se trouvait aussi Benvenutto Griziotti, dont ses deux disciples, Mario PUGLIESE et Dino JARACH, utilisant ses contacts à l’université argentine de Cordoue, vont émigrer en Amérique latine, emportant avec eux et
la toute jeune doctrine « germano-italienne » et le modèle de codification du droit fiscal général que constituait la RAO. C’est ainsi que l’Italie devient le pont codificateur à deux arches, Dino JARACH et Mario PUGLIESE, entre l’Europe et l’Amérique latine.
              2-Le pont doctrinal italien : « Europe-Amérique-latine »
Comme trois navires, la Niña, la Pinta et la Santa María, amènent Christophe Colomb et la civilisation européenne en Amérique Latine, trois « navires doctrinaux », Benvenutto GRIZIOTTI, Dino JARACH et Mario PUGLIESE, vont amener la pensée fiscale italo- germanique en Amérique du Sud.
Le premier est le navire amiral de cette flotte doctrinale avec le fondateur de l’école de Pavie : Benvenutto GRIZIOTTI. Dès 1923 et 1927, il arrive en Argentine, on vient de le dire, à Buenos Aires et Cordoba. Il ouvre ainsi la voie à deux de ses disciples : Mario PUGLIESE et Dino JARACH.
Lorsqu’en effet le basculement de l’histoire amène des élites allemandes et italiennes à devoir s’expatrier, tel par exemple le juriste allemand Ernst RABEL, fondateur de l’approche fonctionnelle du droit comparé, les jeunes théoriciens de la fiscalité, Mario PUGLIESE et Dino JARACH , sont du nombre.
L’un va être le premier chainon doctrinal entre l’Europe et le Mexique ), l’autre un navire doctrinal vers l’Argentine .
§  Mario PUGLIESE : Le premier chainon doctrinal Europe- Mexique
 Né à Bologne en 1903, élève de l’école de Pavie, docteur en 1924 avec une thèse sur l’impôt des successions, Mario PUGLIESE a déjà une œuvre lorsqu’il va émigrer autre Atlantique. Sur toutes les grandes questions du droit fiscal naissant, définition d ‘impôt, classification, nature du rapport juridique d’impôt, cause ou interprétation, il a écrit.
Professeur de droit financier à Cordoba, en Argentine, où il mourra d’ailleurs en 1940, il va être le premier émigrants italien du droit fiscal, avant que Dino JARACH ne le remplace en mai de 1941.
Son influence va être très grande sur la première codification du continent latino- américain. Il a été en effet l’inspirateur du premier code mexicain de 1936-1939 rédigé par deux universitaires, Adolfo CORTINA et A. CARRILLO FLORES. Si le mystère règne sur sa présence, réelle102 ou non103, au Mexique, son influence sur la codification, et à travers lui celle de la toute nouvelle doctrine allemande, est mentionnée par tous. Ses « Institutions de droit financier » sont d’ailleurs traduites de l’italien à l’espagnol en 1939 à Mexico.
A sa mort, là aussi très prématurée comme pour HENSEL, l’influence italo-germanique, sur la doctrine et la codification latino-américaine, ne disparaît pas. Benvenutto GRIZIOTTI fait nommer, pour le remplacer à Cordoba, son autre disciple, Dino JARACH, dont la longévité et le rayonnement intellectuelle vont en faire le « navire doctrinal italien » vers l’Argentine et bien au delà.
§  Dino JARACH : « Le Navire doctrinal italo-germanique » vers l’Argentine
13- Né à Milan en 1915, décédé à Buenos Aires le 26 mars 1996, assistant du professeur Benvenuto GRIZIOTTI à l’Université de Pavie 105 en 1936, Dino JARACH, réfugié en Argentine en 1943, a enseigné à l’Université de Cordoba comme professeur de finances publiques. Sur recommandation du professeur GRIZIOTTI. Il n’a alors que 29 ans lorsqu’il a été chargé, en 1943, de ce cours et nommé directeur de l’Institut de l’économie et des finances.
L’étendue de ses connaissances en la matière reposait sur une formation en Allemagne, Suisse et Hollande, à l’occasion de séjours d’étude et de recherches, notamment àl’International Bureau of Fiscal Documentation (IBFD), auprès du professeur P.J.A ADRIANI à Amsterdam106.
Héritier de l’école de Pavie, il va en être le diffuseur du corps doctrinal.
 Héritier, il a reçu un double patrimoine avec la méthode de pensée globale ou pluridisciplinaire de Benvenutto GRIZIOTTI et une théorie fiscale aussi globale : Celle de l’obligation fiscale que le code allemand, on l’a dit, a systématisée.
Refugié lui aussi en Amérique latine, il va faire fructifier et la méthode et la théorie en doctrine et en pratique.
Dans son maître ouvrage, paru en mai 1943 : «El hecho imponible », littéralement « Le fait imposable » ou fait générateur, il donne à l’Amérique latine une théorie générale du droit fiscal substantif108 où il importe le paradigme de l’obligation fiscale, avec sa composante, hautement discutée et disputée, de la cause.
Dino JARACH participe en effet et alimente la querelle sur la cause de l’obligation fiscale ou de l’imposition qui va séparer des décennies durant la doctrine en deux camps irréductibles : « Les causalistes » d’une part, avec RANELLETTI, B. GRIZIOTTI et toute l’école de Pavie, dont Dino JARACH l’héritier, et les anticausalistes d’autre part, avec les critiques sévères de GIANNINI en Italie109, de Fernando SAINZ DE BUJANDA en Espagne110 ou de Carlos GIULIANI FONROUGE en Amérique latine111.
C’est dire que Dino JARACH amène sur le nouveau continent les idées et les controverses de la doctrine fiscale de la vielle Europe dont il assure la diffusion, pas seulement d’ailleurs par les canaux doctrinaux.
 Diffuseur ou passeur de théories, Dino JARACH l’est en effet à la manière de EnnoBECKER et de sa RAO, c’est-à-dire en codifiant lui aussi. En 1947, ce jeune savant italien et tout juste professeur argentin élabore un projet de code fiscal pour une province : Le « Código Tributario de la Provincia de Buenos Aires », connu sous le nom de code JARACH. Composé d’une partie générale de droit substantiel avec des principes et d’une partie spéciale traitant de chaque impôt112, ce code a été adopté ensuite par d’autres provinces, même s’il n’a pas accédé au niveau fédéral.
C’est l’exemple parfait de la réussite du pont doctrinal transatlantique. L’idée de codification fiscale a bien traversé l’ Atlantique d’Est au Ouest. Après la genèse en Allemagne, c’est l’exode de la codification vers l’Amérique latine.
                 3- L’exode de la codification : Vers l’Amérique latine
La diffusion des règles juridiques, au hasard des migrations de juristes, est un phénomène de toujours. Dès le Digeste, codification compilation faite sur l’ordre de l’Empereur Justinien, au VIème siècle, ce « commerce international » du droit s’observe à partir de Bologne. Cet ouvrage savant, disparu pendant plusieurs siècles, réapparait en effet à Bologne vers la fin du XIème siècle et de là, tous les praticiens de l’Europe, qui viennent y étudier, « rapportent dans leurs pays cette science [juridique] nouvelle ». Par « le Midi et la vallée du Rhône, dès le premier tiers du XIIème siècle » ce code gagne la France et « à l’époque de Philippe-Auguste ... atteint Paris ».
Curieusement, vingt siècles après, Bologne sert d’ailleurs toujours de château d’eau doctrinal alimentant par différents canaux la pensée juridique. Ainsi, les meilleurs jeunes juristes espagnols venant y terminer leurs études, dans un Collège Royal, en ramènent la doctrine italienne et à travers elle la science allemande du droit. Fiscal notamment.
Parvenue ainsi en Espagne, via ces juristes appelés « los Bolognos », cette pensée migre ensuite vers l’Amérique latine. Cette transhumance du droit fiscal, par cette sorte de chemin transcontinental de Compostelle juridique, a été inauguré par les deux scientifiques rappelés : Mario PUGLIESE assurant l’exode vers le Mexique (A) et Dino JARACH, porteur de l’exode de la codification vers l’Argentine (B). Ce qui confirme l’observation maintes fois faite par les comparatistes: La doctrine est principal «organe de transmission» et de « circulation des modèles juridiques »114.
            4-L’exode codificateur au Mexique : le premier code fiscal mexicain de 1938
- Le Mexique est pour la codification allemande de 1919 la première terre doctrinale conquise. La doctrine le reconnaît bien volontiers. Ainsi, dans son traité de droit financier le professeur mexicain Sergio Francisco DE LA GARZA admet lui même cette influence allemande dans la codification de son pays. « Nous pouvons dire, écrit-il, que la codification allemande, reçue à travers les auteurs italiens, exerça son influence dans la préparation du code fiscal de la fédération mexicaine de 1938 ».
 «Tous les pays d’Amérique latine qui ont un code fiscal s’inspirent de la Reichsagabenordnung allemande de 13 décembre 1919... Le schéma qu’elle a tracé... a d’abord été suivi par le Mexique. Dans le code fiscal mexicain de 1939, comme après dans celui de 1967, on retrouve des dispositions sur les méthodes d’interprétation ou la naissance et l’extinction de l’obligation fiscale. Tout comme l’Allemagne, le Mexique adopte dès 1937, une juridiction spécifiquement compétente pour les litiges fiscaux ».
Le transfert s’est opéré par étapes. Dès la décennie 20, le Mexique cherche à rassembler ses dispositions fiscales. Ainsi en 1924, un projet de code fiscal apparaît. En 1937 une loi de «justice fiscale» est adoptée pour perfectionner la procédure fiscale117. Elle assure la protection des droits des contribuables avec la création d’un Tribunal Fiscal de la Fédération. C’est déjà, via Mario PUGLIESE, l’importation d’une partie des dispositions de la RAO118.
Cette loi de « Justice fiscale » est surtout le précédent direct du code fiscal de la fédération de 1938 que rédigeront les deux juristes précédemment mentionnés, dont Alfonso CORTINA, directeur technique du secrétariat des finances et aussi lecteur minutieux de Mario PUGLIESE. Il va assurer la transcription des idées du juriste italien, venu d’Allemagne, dansle code rédigé119. Entrée en vigueur en 193912
0.
Ce code fiscal de la fédération s’inspire de la Reichsabgabenordnung de décembre 1919.
Sa structure en sept titres, entre lesquels se ventilent 286 articles, on retrouve d’ailleurs des contenus de l’ordonnancement du texte allemand. Le titre I traite ainsi des principes généraux, le titre II consacre la théorie de l’obligation fiscale, le titre III traite les normes relatives à la procédure fiscale, le titre IV consacre la procédure devant le Tribunal Fiscal, le titre V concerne les infractions et sanctions, le titre VI a des dispositions sur les délits fiscaux et le titre VII porte sur le contrôle fiscal121.
Première terre à avoir un code fiscal, le Mexique s’est trouvé ainsi leader des pays du sous continent pour la codification fiscale. Suivi de l’Argentine, pays aussi d’exode codificateur.
                   . L’exode vers l’Argentine : Le premier code fiscal argentin de 1947-
 Dés 1942, l’Argentine a cherché, par l’effet unificateur et rationalisateur de toute codification, à compenser des manques d’harmonie dans le pays. Un premier projet de code fiscal a été ainsi élaboré par le théoricien Carlos GIULIANI FONROUGE122 amenant sa contribution à la lignée des professeurs codificateurs123.
Mais ce projet n’est pas devenu loi fédérale, pas plus que six tentatives suivantes. Code de droit fiscal général, préparé dans un séminaire de la faculté de droit de l’université de Buenos Aires, ce projet de GIULIANI FONROUGE s’est heurté surtout à l’instabilité politique du pays avec cinq présidents différents de 1942 à 1946124.
La tâche a été reprise par Dino JARACH, mais au niveau fédéré d’une province. Celle de Buenos Aires. En 1947, on vient de le rappeler, le juriste italien, juste installé depuis quelques années, élabore un projet de code fiscal. Il est à structure bipartite avec un livre premier de dispositions générales, valables pour tous les impôts de la province et un deuxième livre, de droit fiscal spécial, consacré au régime de chaque impôt.
C’était là, en Amérique latine, continent de la codification du droit fiscal général, une originalité. Le « code JARACH » n’oubliait pas en effet le droit fiscal spécial, il est vrai à l’époque assez simple.
Ce modèle de code, va se diffuser horizontalement, dans les provinces du pays, sans accéder toutefois au niveau fédéral125, c’est la grande différence avec le Mexique où le processus codificateur est inverse. Il part du sommet pour se déconcentrer en un « décentralisme codificateur » démocratique. Le code fédéral s’y est démultiplié en codes fédérés dans les différents États de la fédération126.
EN 1950, GIULIANI FONROUGE fera une nouvelle tentative de codification, cette fois très ambitieuse. À l’image de ce que sera l’Internal Revenue Code des USA, ce projet voulait en effet compiler tout le droit fiscal argentin, provincial et même municipal, jurisprudence comprise. Si là encore le projet n’est pas devenu droit positif, il illustrait toutefois que la codification s’était bien enracinée dans ses deux premières terres d’exode.
À partir de là, elle va gagner tout le continent latino-américain. Mais l’expansion codificatrice ne s’est pas arrêtée à ce niveau régional, même continentalisé. C’est toute la planète qui va devenir, en une soixantaine d’années, de 1950 à 2010, l’aire de cette expansion.
         2°) 1950-2010 : L’expansion de la codification
le mouvement codificateur s’est opéré en trois vagues
         a) La vague des années 50
          b) La vague des  sixities codificatrices
         c) La vague des années 90-2000

       B) Un code : le CGI
            1°) Sa présentation chiffrée
Le code des impôts français  c’était au début de la décennie 2010 :
·      4 622 articles, sans compter  770 articles fiscaux dans d’autres codes, dont 285 articles f dans le code de la sécurité sociale, 260 externalisés dans le code des collectibvités territoriales , 16 dans le code cinémathographique ou 31 délocalisés dans le code du tourisme
·      plus 1336 articles abrogés, 266 articles périmés, 335 articles transférés  ou 131 articles sans objet, mais  toujours maintenus sans contenu ;
·      10 067 renvois d’un article à l’autre1 . . Par exemple, l’article 54 septies du CGI, concernant le régime des plus-values, renvoie à vingt-trois autres articles qui renvoient eux-mêmes à d’autres articles en un jeu de miroirs
·      1226 taux d’imposition
·      1610  chiffres de seuils et plafonds
·      268 plafonnements  d’avantages
·      258 mentions de délais et de durées

·       quarante-huit combinaisons possibles pour numéroter un article, en chiffres, arabes et romains, en lettres, majuscules et minuscules, avec des bis, des ter ou de mystérieux duodecies.
·       Ce CGI est le  plus vieux code fiscal en vigueur sur la planète. Sauf  le Coran et ses quatre-vingt- sept sous-versets fiscaux consacrés à la Zakat, impôt religieux.

·      C’est en effet le 6 avril 1950 qu’un décret promulguait ce code fiscal des Français, soit l’année des 4CV Renault, de la guerre d’Indochine et de Luis Mariano. Il peut remonter d’ailleurs bien plus haut, puisqu’une partie des 352 articles sur la fiscalité locale dont la taxe d’habitation, ancienne mobilière,  prennent leur source en 1791, au temps cette fois de Mirabeau...
Depuis, ce code a été modifié et remodifié, puisque deux ou trois fois par an le législateur lui enlève ou lui ajoute des articles. Par exemple, la seule loi de finances pour 2010, supprimant la taxe professionnelle, a touché d’un seul coup cent cinquante articles et a rajouté neuf nouveaux impôts. Un an après, la loi de Finances pour 2011 ajoutait encore rien de moins que trois cent cinq modifications.
, Modifé ou complété, cet édifice fiscal français n’a jamais été reconstruit. Doyen de l’humanité fiscale, il est toujours là. Avec ses 1 067 000 mots. Ce qui, il est vrai, n’est pas pire que les 3 400 000 mots du code des États-Unis, l’Internal Revenue Code, dont le président Carter avait dit qu’il était « la honte du genre humain ».
Cependant, ce code américain a été réactualisé en 1986, après avoir été déjà refondu le 16 août 1954. Le code général des impôts français, lui, non. Il ne connaît que l’amoncellement. Jamais l’allègement
·      Si bien que son  architecture globale relativement claire au départ, en livres, parties et titres, a fini par  devenir  une  favela législative .
·      Avec conséquences sociales que l’on vit.

Le code des impôts français  c’était au début de la décennie 2010 :
·      4 622 articles, sans compter  770 articles fiscaux dans d’autres codes, dont 285 articles f dans le code de la sécurité sociale, 260 externalisés dans le code des collectibvités territoriales , 16 dans le code cinémathographique ou 31 délocalisés dans le code du tourisme
·      plus 1336 articles abrogés, 266 articles périmés, 335 articles transférés  ou 131 articles sans objet, mais  toujours maintenus sans contenu ;

·      10 067 renvois d’un article à l’autre1 . . Par exemple, l’article 54 septies du CGI, concernant le régime des plus-values, renvoie à vingt-trois autres articles qui renvoient eux-mêmes à d’autres articles en un jeu de miroirs
·      1226 taux d’imposition
·      1610  chiffres de seuils et plafonds
·      268 plafonnements  d’avantages
·      258 mentions de délais et de durées
·       quarante-huit combinaisons possibles pour numéroter un article, en chiffres, arabes et romains, en lettres, majuscules et minuscules, avec des bis, des ter ou de mystérieux duodecies.
·       Ce CGI est le  plus vieux code fiscal en vigueur sur la planète. Sauf  le Coran et ses quatre-vingt- sept sous-versets fiscaux consacrés à la Zakat, impôt religieux.

·      C’est en effet le 6 avril 1950 qu’un décret promulguait ce code fiscal des Français, soit l’année des 4CV Renault, de la guerre d’Indochine et de Luis Mariano. Il peut remonter d’ailleurs bien plus haut, puisqu’une partie des 352 articles sur la fiscalité locale dont la taxe d’habitation, ancienne mobilière,  prennent leur source en 1791, au temps cette fois de Mirabeau...
Depuis, ce code a été modifié et remodifié, puisque deux ou trois fois par an le législateur lui enlève ou lui ajoute des articles. Par exemple, la seule loi de finances pour 2010, supprimant la taxe professionnelle, a touché d’un seul coup cent cinquante articles et a rajouté neuf nouveaux impôts. Un an après, la loi de Finances pour 2011 ajoutait encore rien de moins que trois cent cinq modifications.

Bien entendu, en deux ans de mandat, le président Hollande a rajouté des artricles par dizaines et en a modifié par centaines
Mais, modifé ou complété, cet édifice fiscal français n’a jamais été reconstruit. Doyen de l’humanité fiscale, il est toujours là. Avec ses 1 067 000 mots. Ce qui, il est vrai, n’est pas pire que les 3 400 000 mots du code des États-Unis, l’Internal Revenue Code, dont le président Carter avait dit qu’il était « la honte du genre humain ».
Cependant, ce code américain a été réactualisé en 1986, après avoir été déjà refondu le 16 août 1954. Le code général des impôts français, lui, non. Il ne connaît que l’amoncellement. Jamais l’allègement
·      .
2°) Sa structure étagée
l’ architecture globale relativement claire au départ, en livres, parties et titres, a

  § 2 Les règles démultipliées















CHAPITRE 2 : Les enjeux fiscaux
 Section1 : L’enjeu tranché :  L’impôt Prométhée
       § 1 L’interventionnisme : La mainstream fiscal
       § 2 Le fiscalisme : Daesh , l’ Etat fiscaliste au couchant
Section 2 : l ‘enjeu oublié : La liberté
   § 1   La liberté dans l’élaboration des droits fiscaux : Les acteurs de l’élaboration  des droits fiscaux sont ils  libres de leurs  choix?

  A) La liberté  fiscale des Etats

      1°) Une liberté juridiquement refuser: le droit d’être un paradis fiscal

       2°) Des libertés géographiquement variable


        a) En Europe:  Le degré de liberté  normative des Parlements  des Etats de l’ Union 

       b)  Aux USA : Le   shutdown    stade suprême de la liberté de  consentir   l’impôt

       c)  En Pays musulman : La liberté de refuser l’impôt non coranique  , le conflit des      légitimités fiscales en droit musulman


  B) La liberté  fiscale des collectivités territoriales:

      1°) L’autonomie financière affirmée

             a) Loi Defferre: 1982

              b) Lois Raffarin : 2003- 2004

    2°) L’autonomie fiscale territoriale encadrée


§ 2  La liberté  dans le contenu des droits fiscaux : Les droits fiscaux sont- ils  des droits des libertés des contribuables ?

   A)  Les techniques fiscales dangereuses pour les  libertés des contribuables

          1°) La vieille technique d’assiette protectrice: des libertés  l’imposition indiciaire

           2°) La technique contemporaine d’assiette dévastatrice des libertés: la declaration
   controlée


 B) Les dispositions fiscales et les libertés des contribuables :

     1°) La liberté de choisir la voie la moins imposée

      2°) La liberté  de circuler

          a) En Europe

          b) En France :

                1-Ecotax
                 2-Excit tax

-         c) Dans le monde : L’échange  automatique international  de renseignements  contre la liberté du contribuable

        3°) La liberté de prier : La fiscalité au service de la liberté de culte en droit
           comparé.

          4°) La liberté de refuser:  le commandement à payer face aux dix
             commandements :

                  a)  Le débat tranché : l’objection fiscale de conscience refusée

                       1- Déserteur ou veilleur – éveilleur

                        2- Bandit ou Gandhi ?

                 b) Le débat injecté: la question fiscale de  L’euthanasie

                     1- Payer  toute une  vie au nom de la solidarité fiscale

                     2- Refuser en fin de vie la solidarité des soins au nom des économies
                        budgéto-fiscales

       
        §3: La liberté dans l’application  des droits fiscaux :Les administrations et les juges appliquent ils la loi fiscale dans l’honnêteté et l’impartialité ?


           A) Le degré d’impartialité   des administrations fiscales :   l’esprit des
                administrations   est il  dangereux pour  les libertés des contribuables ?


          B ) Le degré d’impartialité du   juge fiscal : Les juges sont- ils  des juges des
      
             libertés  des contribuable?

    
-       1°) La liberté  fiscale à  La Cour de justice de l’Union européenne

-       2°) La liberté  à la La Cour européenne des droits de l’homme…fiscal

-        3°) La liberté fiscale devant les Cours constitutionnelles

           4°) La liberté fiscale au Conseil d’ Etat :  

a)    De l’acte anormal de gestion  à la prise  de risques excessifs , les créations prétoriennes   réduisant  la liberté du contribuable

             b)Les résidus de la  liberté   de gestion du contribuable après les dérives de la  théorie   de l’acte anormal de gestion et de la prise de risque excessif




 PARTIE 1

LES SOURCES DU DROIT FISCAL


TITRE 1
LES SOURCES MATÉRIELLES
 CHAPITRE 1 LES  trois SOURCES ANTHROPOLOGIQUES
 Section 1 : La religion
  §1 L’animisme fiscal
 § 2 Les monothéismes fiscaux
      A ) L impôt des monothéismes 
 1°)La Bible fiscale
 2°)La Chrétienté fiscale
a)La parabole fondatrice : Rendre à César…
b) Les Pères de l’Eglise  fiscalement audacieux : Les lege mere poenales
c) Les Encycliques fiscalement reaganiennes
  3°)La fiscalité coranique : La Zakat
B) L’impôt écclésiastique : Allemagne, Autriche
Section2 : La guerre-
Section3 : La violence et le sacré
CHAPITRE 2 : LES  trois SOURCES IDEOLOGIQUES
   Sestion 1 :  L’âge idéologique de la liberté : 1789-1901
   Section 2 :L’âge idéologique de l’égalité : 1901 ; 1914
Section3 :L’âge idéologique de la solidarité


TIRE 2
LES SOURCES FORMELLES

CHAPITRE 1 : LES SOURCES INTERNATIONALES
   SECTION 1 : LES SOURCES POUR LE MONDE 
    § 1 : LE FMI
    § 2 L’OCDE
  SECTION2 : LES SOURCES  POUR L’EUROPE
CHAPTIRE 2 : LES SOURCES NATIONALES


 PARTIE 2

LE CONTENU DU DROIT FISCAL

TITRE 1
LES REGLES D’IMPOSITION :
LE CODE GENERAL DES IMPOTS

Chapitre 1 : Les règles de la fiscalité nationale
Chapitre 2 Les règles de la fiscalité locale
TITRE 2
LES REGLES DE PROTECTION :
LE LIVRE DES PROCEDURES FISCALES


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